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Indigo

  • manoncolas2
  • 2 juin 2022
  • 1 min de lecture

Les ondes étaient si tendues que leurs mouvements pinçaient l’espace comme sur un riff de guitare. Développé avec souplesse au rythme des accords, on aurait dit qu’ils dansaient. Jouant l’alternatif entre la pudeur et l’arrogance, ils détonnaient parmi les autres duos. Leur électricité avait cette couleur unique du crépuscule.


On leur aurait confié le charme de deux oiseaux, que la nuit prenait délicatement dans son manteau. Ils se débattaient du regard de l’autre comme on refuse une offrande, avec une hypocrisie dont ils se délectaient. Equilibristes entre retenue et effusion, ils composaient leur histoire sur les lignes d’une partition.


En demi-mesure, ils n’osaient plus se toucher. Résistant au désir, leur peau vibrait, égale à celle des tambours. Autour d’eux on parlait d’émotions et de sentiments, mais ils n’écoutaient plus. Souples et sauvages, ils sentaient leurs côtes souffrir des bombardements cardiaques. Ils battaient la mesure comme on frappe la note finale sur un piano.


Violent, magistral, indigo.




texte 2022

photo 2017


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